Déchéance & Désillusion

[Plus tard...]
J'attends.
Dans la vie, on attend toujours. On attend quelque chose, quelqu'un. On attend le lendemain avec impatience, ou la semaine d'après. On attend une prime, on attend l'amour. On attend les vacances, on attend la tombée de la nuit pour faire la fête indécemment, avec l'obscénité inepte de la jeunesse insouciante. On attend, parce qu'au final, on a que ça à faire. Minute après minute. Heure après heure. On attend toujours quelque chose. On passe notre vie à attendre, et pendant ce temps là on oublie de vivre. Et un beau jour, on crève. La vie est une attente éternelle. J'attends, j'attends passivement dans la lassitude travestie de mes journées stériles et insensées qui passent et s'égrènent en une abjecte répétition. Tenter d'annihiler la douleur comme on peut. Et chaque minute éternelle qui rappelle la vacuité de cette vie. J'attends l'oubli bienfaisant que fécondera mon paradis artificiel.
J'attends et la nausée latente m'opresse peu à peu. Chute lente. Ma panacée délétère a commencé son sinistre travail. Des spasmes sordides et infâmes commencent à m'agiter et, tel un vulgaire pantin désarticulé, je m'effondre à genoux sur le sol froid comme la glace, décadence. Ma cage thoracique se soulève et s'affaisse, et ma douleur se fait l'écho incessant de ce rythme infernal, un haut le coeur secoue mon être entier, je dégueule et ça sort de moi en un bruit guttural, il me semble que le temps s'est figé, et, brisant le silence spectral, ça gicle sur le carrelage immaculé: je me souille de ma turpitude fatale...
Je gerbe mes désillusions acerbes, mes rêves de demain et d'antan et mes maux sortent de moi vertigineusement... Tous mes excès se voient là déversés dans l'obscurité de la nuit immuable et seuls les ténèbres sont témoins de mes obscenités, et je voudrais tellement que tu sois encore là, mais ça ne s'arrête pas, le cauchemar continue, et mon gosier m'irrite, enflammé par ma douleur hurlante, malmené par ma déliquescence brûlante, et ça gicle encore, encore... Et encore....
Je tombe dans l'Abîme, marasme profond de l'homme, le plongeon est vertigineux.
Et toute cette merde est expulsée, tout sort convulsivement de mon corps affligé. Tout. Il n'y a que toi qui reste en moi. Toi comme une boule au fond de ma gorge trop serrée. Toi comme le fantôme de mes nuits avortées, comme mon abjection profonde et détestée...

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 18:28

Modifié le lundi 26 octobre 2009 19:54

Souvenirs énamourés

Souvenirs énamourés



Le ciel gris. La pluie spleenéenne qui tambourine. Le vide inéluctable. Les minutes qui défilent avec une lenteur démesurée. Essayer de m'occuper comme je peux pour tromper l'ennui douloureux. Faire quelque chose, juste pour arrêter d'y penser. J'avale machinalement un cappuccino mélancolique dont la chaleur contraste si bien avec mes pensées froides et térébrantes...J'ai le coeur brisé. Les inoubliables souvenirs défilent sempiternellement dans ma tête comme une masochiste pénitence.

[...] Ta voix mélodieuse. Nos étreintes voluptueuses. Ta bouche, délicieuse...
Mes lèvres sur ta peau si suave.
Cette intense allégresse...et l'air qui devient enivrant. Ton infinie tendresse... tes regards suggestifs, chargés d'amour et de promesses, et mon désir indolent qui se fait ardent.
Les effluves brûlantes de ton parfum divin. Effleurer tes longs cheveux bruns puis laisser courir mes doigts le long de tes reins, dans un immoral et avide dessein...
L'exaltation magique de nos ébats éternels, ta caresse lascive et sensuelle, pleine d'une irrésistible langueur passionnelle...
Nous deux, juste nous deux, et les vertiges alanguis d'un plaisir doucereux...
Me nourrir fiévreusement de ton regard enflammé, m'oxygéner du souffle de ta jouissance exhalée.
Après le plaisir culminant, l'amour grisant. Serrés l'un contre l'autre, tu t'oublies dans mes bras protecteurs, et dévoré par des sentiments passionés, je t'embrasse avec avidité. La chaleur de ton corps tout contre le mien me fait souhaiter que ce moment dure pour l'éternité. Puis tu t'endors lentement, et mon coeur épris ne peut que frémir d'un émerveillement transi devant le spectacle attendrissant d'une telle beauté assoupie.
[...]

Des souvenirs evanescents. Abject gâchis...
Et la pluie qui tambourine toujours.
Ton absence cruelle. Ma souffrance perpétuelle.
Ce soir, le paroxysme de la solitude m'accable fatalement, et je ne peux plus réprimer la douleur déchirante
qui obsurcit mes mornes journées: je m'affaisse irrémédiablement, dans le noir, le silence et le néant indubitables de cet appartement désormais trop grand, trop froid et trop vide...




Inspiration: l'ambiance de cette chanson Give me a reason to love you, Portishead.

# Posté le dimanche 06 septembre 2009 11:36

Nina...

Nina...


Je fume une cigarette nostalgique sur le rebord de ma fenêtre. Il fait froid. L'hiver approche et je le perçois comme un spleen prêt à m'enserrer de ses bras froids, à m'étouffer dans une déprime propice à cette saison grise et apathique. Et soudain, je ne sais pas pourquoi, je repense à tous ces moments magiques et un sourire béat se dessine lentement sur mon visage. Mes yeux s'allument. Et je me sens brusquement plongé dans le passé...

Le jour où je l'ai rencontrée. Elle était différente et c'est ce qui m'a transpercé. Différente des autres : de toutes celles que j'avais pu voir, de près ou de loin, de toutes celles que j'avais séduites, baisées, trompées, larguées. De toutes ces chieuses juste bonnes à sauter, tellement présomptueuses qu'elles croient que leur cul est en or, tellement superficielles qu'elles aimeraient chier de l'or, et tellement cupides qu'elles ne s'émeuvent que pour de l'or. Oui, elle était différente et elle m'interpellait. Elle avait ce quelque chose qui me fascinait, cet indéniable charme qui émanait de sa personne et qui m'avait touché comme jamais. Elle n'était pas vraiment belle. A peine jolie. Mais elle était et désormais, c'est tout ce qui comptait. Je ne pouvais plus rien faire d'autre que m'abandonner à la contemplation de sa ravageuse et ensorcelante présence. Elle souriait parfois, mais je voyais toujours le désespoir discrétionnaire qui régnait au fond de ses yeux hagards. Le désespoir est indicible, il ne se décrit pas mais perdure. Je le savais, je le connaissais, je le haïssais, mais il était là pourtant. Indubitablement. En elle comme en moi, et à partir de ce jour, nous nous sommes mis à le haïr à deux. Nous voulions fuir, oublier. Fuir. [...]

Les jours d'été, on se plaisait à contempler la voute céleste, à imaginer le lointain, l'ailleurs et l'infini. On se perdait dans les paysages élucubrés de nos trépidantes pensées, on inventait, on recréait, on refaisait le monde à notre façon. C'étaient nos moments d'accalmie. On les savourait. On savourait le ciel et les étoiles. On savourait l'obscurité rayonnante qui nous enveloppait, la sérénité environnante qui nous enivrait, le havre de paix que nous inspirait cet endroit orgastique. On était si loin et à la fois si proches, et plus rien d'autre n'avait d'importance que ce ciel qui nous surplombait, qui nous fascinait, qui nous transportait. On s'aimait même si on ne se le disait pas, on le savait. C'était le secret bien gardé de nos c½urs torturés et blessés par la vie, qui battaient encore grâce à cette lueur d'espoir inepte, cette flammèche qui brûle, qui vacille parfois mais qui ne meure jamais. On s'aimait, pas comme Roméo et Juliette, pas comme Tristan et Iseult -le romantisme aberrant on le foutait à la poubelle- mais juste parce qu'on était deux paumés, comme des voyageurs égarés, déposés sur une route révolue par laquelle le train de la Rédemption ne passerait plus jamais. Echoués. Avortés. J'avais besoin d'elle pour combattre le despotisme de ma vaine vie et réciproquement.
Oui, elle était différente et c'est ce qui m'a transpercé.

J'ai fini ma cigarette ; elle s'est consumée aussi rapidement que des moments vécus deviennent souvenirs. Souvenirs jaunis, fanés. Souvenirs passés. En un instant, le Présent devient l'Antan.
Il est temps d'y aller. Je referme la fenêtre, et je claque la porte avec véhémence, comme si je pouvais la refermer sur le passé. Si seulement...



Image Alain Delon pour Dior, campagne 2009.

# Posté le samedi 22 août 2009 09:14

Modifié le samedi 22 août 2009 11:40

Vengeance.

Vengeance.
Il est mort.
Je suis assis sur un fauteuil de cuir et contemple l'obscurité de la nuit dantesque à travers la fenêtre.



"Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir."



Je me penche pour attraper mon zippo sur la table basse mais mes mains sont mointes de sueur et laissent s'échapper le briquet qui heurte le sol avec un bruit mat. Je lâche un juron et le ramasse. J'allume ma Marlboro Light et aspire machinalement la fumée. Cela fait maintenant deux heures que je fume clope sur clope.


"Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir..."


Le Colt luit devant moi sur la table basse. Il me sourit. Dans quelques secondes, je le poserais contre ma tempe, je presserais fermement la détente et puis je partirai moi aussi...
Voilà cinq ans qu'elle est décédée. Violemment. Ma vie a basculé en un instant. Une seconde cruciale pour tout faire foirer. Un conard d'ivrogne qui arrive à contresens. 2 gramme dans le sang. Savoir que c'est trop tard et que le drame va se produire. Une seconde et des pneus qui crissent sur l'asphalte en un long hurlement aigu, un monstrueux bruit de tôle froissé, le pare brise qui explose, sa portière qui s'enfonce, et elle... Tout a volé en éclats. Ma vie s'est écroulé, comme un vulgaire château de carte emporté par une brise soudaine... J'ai vu notre avenir se consummer devant mes yeux comme une feuille de papier embrasé. Nos futures fiancailles, le mariage, le premier enfant, tout a disparu. A jamais... Elle avait toute la vie devant elle. Elle aurait été une brillante avocate. Elle aurait été...mais plus rien de tout cela n'est vrai. Elle est sous terre et a été dévorée par les vers, qui l'ont rongé, jour après jour, comme ma rancoeur dévorante. A chaque seconde, je n'ai cessé d'y penser. J'ai repassé incessemment le film de l'accident dans ma tête comme un masochiste châtiment. Encore. Et encore. J'ai ressassé la répugnante turpitude de cet homme qui l'a tué: elle embrase encore mon visage de colère tout en éteignant mon regard. Mon monde s'est écroulé et chaque jour la tristesse m'enveloppe comme une indésirable compagne. Elle me manque. Affreusement. Sa mort a laissé en moi un vide indicible qui jamais ne se remplira. L'injustice du destin accru par mon sentiment d'impuissance a souvent entrainé en moi un dégout prononcé pour la vie et tout ce qu'il me restait. J'ai si souvent eu envie de mourir moi aussi... Mourir pour ne plus ressentir ce vide déchirant, mourir pour ne plus avoir conscience de l'atroce réalité.



"Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir."



Mais la tristesse a laissé place à la colère et la haine est venue m'habiter. Progressivement. Ce fut d'abord une flammèche, vacillante, qui s'est transformé en un ardent brasier. Et alors je me suis juré de la venger. De retrouver ce fils de pute et de le démolir. L'insatiable envie de lui faire payer ne m'a plus lâché. C'était devenue une obsession impérieuse dont je ne pouvais plus me débarrasser. Le mantra qui m'a tenu en vie. Un ressentiment profond et inassouvi. J'ai attendu cinq ans, qu'il purge sa peine de prison. Mon sursis. Cinq ans avec ma haine dévorante. Où je n'ai pensé qu'a ça. Nuit et jour, à chaque seconde. Cinq ans pendant lesquels aucune caresse féminine n'a pu annihiler ma douleur, ni panser mon coeur. Cinq ans mais ma haine ne s'est pas éteinte, elle s'est accru et a flambé, comme quand on balance de l'essence sur le feu. Ma douleur. A sa sortie de prison, envers et contre tout, j'ai mené ma petite enquête et je l'ai retrouvé. Je l'ai retrouvé, et je l'ai sequestré, là même où je me trouve en ce moment. Et puis... l'élévation, la consécration ultime de mon attente vindicative: je n'ai pas réfléchi, j'ai enfin pu frapper, frapper, frapper, mu par une haine inapaisable.
Frapper pour évacuer ma rage vengeresse.
Frapper sans pouvoir m'arrêter. Frapper, comme pour commémorer mes rêves perdus, mes désillusions térébrantes, pour exacerber mes maux déchirants, ma douleur hurlante...
Frapper pour qu'il sache, pour qu'il regrette, qu'il hurle à jamais pour égaler ma souffrance démesurée. Je voulais que son visage soit l'exacte réplique de mon coeur ébréché. Je cognais, le sang giclait, mais je n'y prenais pas garde. Il hurlait, et c'était mon propre désespoir que j'entendais sortir de sa bouche, comme un sépulcral chant. Je voulais le tuer comme il avait tué mon coeur, lui voler sa vie comme il avait pillé la mienne, je voulais qu'il meure parce que je le suis...
J'ai frappé pour ce que Nina avait été, et une dernière fois pour ce qu'elle aurait pu être. Jusqu'à ce que ma folie meurtrière soit assouvie. Jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. Révélation même de mon soulagement, quintessence de ma trêve intérieure. Et puis j'ai allumé une cigarette apaisante, pour célébrer la fin, pour glorifier ma vengeance achevée. [...]
Le cadavre est toujours devant moi. J'ai du sang séché sur le visage. Il est mort et le cauchemar est fini. J'ai accompli ma dernière mission comme un vaillant et brave soldat, et je m'apprête maintenant à la rejoindre dans l'au delà. Il a pris ma vie, je lui ai pris la sienne. J'ai péché, et je vais me rendre justice à moi même: j'ai toujours été un homme d'honneur.
J'allume une dernière Light. Le Colt luit toujours dans l'obscurité, comme pour me faire signe, et sa noirceur me rappelle mon propre destin. Il est temps. Mon coeur bat plus vite dans ma poitrine. Des gouttes de sueur perlent sur mon front. Nina. L'heure est venue... Bientôt, je ne fais plus attention à ma victime, ni au sang qui se répand en une gigantesque flaque. Je contemple le revolver avec une avidité macabre, mes yeux ébahis ne peuvent plus s'en détacher. Je tire une dernière fois sur ma clope mourante et recrache lentement la fumée par le nez. Mon coeur va exploser. Nina... Ma cigarette tombe sur le sol et s'éteint...mes mains désireuses se tendent vers l'objet singulier...je pose le canon contre ma tempe et sens la froideur du métal, mes mains tremblent. Je presse la détente... Nina.



"Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir."






Les vers en gras et italique sont issus de Harmonie du soir de Baudelaire.
Image, Eau sauvage de Dior, 2008

# Posté le mardi 17 mars 2009 15:32

Modifié le samedi 22 août 2009 09:32

Protect me from what I want

Protect me from what I want


On a tous nos sombres secrets.
Pour la première fois, j'étais tombé amoureux. Ce sentiment nouveau m'avait envahi et ne me laissait plus en paix. A chaque instant je rêvais de ses lèvres douces et pulpeuses, de sa chevelure soyeuse, de ses yeux de biche. Pendant quelques mois, nous avons vécu l'amour fou. D'innombrables moments de joies extatiques ou rien ni personne ne pouvait nous séparer. Jamais je n'avais gouté quelque chose d'aussi orgastique. C'était plus édénique que le paradis lui même. Un eldorado sentimental constitué de choses simples: passer ma main dans ses cheveux, sentir son regard posé sur ma nuque, son souffle chaud sur mon torse lorsqu'elle s'y lovait, ses étreintes parfumées, l'éclat magique de ses yeux lorsqu'elle jouissait. Elle était devenue ma quintessence, substrat de mon existence. Merveilleuse idylle... Malheureusement les choses se sont dégradées. Et un beau jour, Nina m'a laissé tomber. Alors j'ai commencé à souffrir le martyr. Elle me manquait affreusement et cette dépendance affective me rendait fou. J'étais devenu esclave de mon despotique désir pour elle, de mes éternelles divagations fantasmatiques et sexuelles et je ne pouvais plus penser, ou seulement aux courbes enchanteresses de son corps, à cette bouche que j'avais embrassé tant et tant de fois, et alors un désir incommensurable montait... montait... montait... ardemment en moi. Insatiable évidemment.
Puis un jour, n'y tenant plus- je crois que la concupiscence libidineuse avait totalement remplacé la raison- je suis allé voir ma tortionnaire. Elle ne s'est pas montrée méfiante et m'a laisser entrer sans difficultés. Nous avons parlé quelques minutes. J'essayais de me rapprocher d'elle, peut-être lui manquais-je? Mais je voyais bien, à contrec½ur, que c'était peine perdue, elle avait tourné la page.



Alors, ne pouvait plus réprimer ce que je ressentais au plus profond de mes entrailles, j'ai laissé libre cours au désir infâme et malsain qui me brulait furieusement l'entrejambe, comme on libère un prisonnier après des années de bagne, et je me suis jeté sur elle comme sur une proie placide...Je lui ai empoigné les cheveux avec violence et j'ai vu ses yeux s'agrandir de surprise. Tandis qu'elle se démenait, possédée par la peur, je lui ai littéralement arraché ses vêtements, animé par un empressement ardent et incontrôlable et j'ai enfin pu savourer mon abject péché...
Délicieuse jouissance que de pouvoir passer mes mains avides sur ses courbes chaleureuses, ma langue vorace sur sa peau sucrée, délectable volupté que de pouvoir entrer en elle comme je le faisais autrefois, mes yeux plongés dans les siens, liés l'un a l'autre comme des doigts entrelacés... Et elle hurlait sa douleur, et elle se débattait mais je n'y prenais pas garde, trop occupé à savourer le soulagement que me procurait cet outrage...



Elle ne parlera pas, je le sais. Pourtant ca ne m'empêche pas de mourir de honte. Les remords me rongent comme jamais ils n'ont rongé aucun homme sur terre. Je suis dévoré par la culpabilité et le dégout que ce geste affreux soulève en moi. Je ne cherche en rien à me justifier, mais sachez le juste, je n'ai pas eu le choix. L'obsession impétueuse que j'avais pour cette fille m'a possédé comme un diable effronté.

# Posté le vendredi 29 août 2008 07:42

Modifié le dimanche 23 août 2009 07:33